Histoire

A l'origine de la construction du château, la famille de Coraboeuf, citée dès la fin du XIe siècle, conservera la terre dont elle porte le nom jusqu'au début du XVe siècle, époque à laquelle le fief passe à la famille de Salins. Cette dernière ajoute aux bâtiments existants un donjon  dont la présence est attestée en 1450. La maison forte, enfermée dans une ceinture de remparts entourée de fossés, résistera aux assauts des écorcheurs, bandes de soldats démobilisés qui terrorisent les campagnes  dans les dernières années de la guerre de cent ans.

 

En 1478, Louis XI, qui occupe le duché de Bourgogne  dont il prépare la réunion à la couronne, ordonne le démantèlement de la forteresse, l'ordre n'est pas suivi d'effet et Coraboeuf garde ses défenses.

 

Mais elles seront impuissantes en 1576, au cours de la 5ème des guerres de religion, les reîtres du duc de Deux Ponts, Jean Casimir, comte palatin du Rhin, prince calviniste allié aux huguenots français, passèrent par la Bourgogne, semant partout désolation et effroi. Pas plus que Dijon, le château de Coraboeuf n'échappa à leurs dévastations. Fort heureusement, l'incendie allumé par les soudards n'eut pas raison de la forteresse et laissa debout, quoique très endommagé, le fier donjon que la famille de Salins avait édifié au temps  de la guerre de cent ans. Dans les dernières années  du XVIe siècle, les Salins s'attachent à effacer les traces de l'incendie de 1576.


La famille s'éteint vers 1615 et le domaine est alors acquis par la famille d'Edouard ou d'Esdouard. Par mariage, Coraboeuf passe aux Saint Martin d'Agencourt puis aux Spada. En 1763, Charles de Spada, chevalier d'honneur de la duchesse de Lorraine, cède Coraboeuf à Jean Baptiste de Richard de Curtil, issu d'une vieille famille connue à Beaune depuis le XIIIe siècle.

 

En 1776, Jean Baptiste de Richard fera ériger en marquisat la seigneurie d'Ivry et prendra le nom de Richard d'Ivry que porteront ses descendants jusqu'à l'extinction de la lignée, au XXe siècle. Le marquis de Richard d'Ivry  fait réaménager une partie des bâtiments du château, notamment son aile Est, et crée les jardins  qui contribuent à faire de Coraboeuf, dont bien des éléments évoquent encore l'architecture militaire, une résidence de plaisance dans le gout du temps.
  

Fils de Richard d'Ivry et de Claire Le Bas de Girangy, Paul de Richard d'Ivry, l'arrière petit fils de l'acquéreur de Coraboeuf, épouse Camille Amiot qui lui donnera treize enfants. Père de famille nombreuse, il est aussi et surtout un passionné de musique et un compositeur. Ses occupations n'éloignent pas Paul de son domaine ancestral de Coraboeuf où vers 1860, il fait construire l'aile nord, pastiche néogothique d'excellente facture. Le domaine passe après sa mort  à son fils ainé, Pierre, cinquième et  dernier marquis de Richard d'Ivry, époux de Marie de Mandat Grancey, ils sont les aïeux des propriétaires actuels, les Lauriston-Boubers.


Le décor intérieur a été conçu  par l'architecte  Charles Suisse  et réalisé par Xavier Schanosky, de style néo XVIIe siècle, salon orné de boiseries, plafonds peints. Un pavillon au fond du parc date du XVIIIe. Une grande partie du château de Coraboeuf a survécu à travers les siècles, il est un parfait exemple d’architecture militaire féodale. Les bâtiments, datant du XIIIe et XVe siècles, et la grange fortifiée méritent le coup d’œil...