Histoire

Coraboeuf est au niveau architectural un précieux témoignage du passé, chaque siècle ayant apporté son empreinte tout en respectant celle des générations précédentes.

 

Pour expliquer tout d’abord l’emplacement de Coraboeuf, comme d’ailleurs celui d’Ivry, nous devons remonter aux temps préhistoriques.

 

Au 5ème siècle les burgondes vinrent s’installer près d’une source, abondante à l’époque, qui alimente la rivière de la Drée et que vous pouvez voir en contrebas du château.

Le nom de coraboeuf viendrait de cortis rabodi du nom du premier propriétaire burgonde

C’est cette cortis burgonde qui serait à l’origine d’une maison forte et d’un fief. Du 12ème au 14ème siècle furent bâtis le donjon, la tour d’entrée, les trois tours d’angles, l’orangerie et les fortifications. Par le biais d’héritages et de ventes Coraboeuf deviendra la propriété de plusieurs familles dont certaines ont marqué l’histoire de la Bourgogne (Salins, Spada et Saint martin d’Agencourt)

 

En 1478, Coraboeuf qui fait partie du duché de Bourgogne en conflit avec le Roi, est partiellement démoli par ordre de Louis XI

 

En 1576, pendant les guerres de religion, Coraboeuf est incendié par l’armée huguenotte du Duc des deux ponts.

 

En 1763, Sebastien de Spada, vend la Seigneurie de Coraboeuf à Jean Baptiste de Richard de Curtil, qui acquiert également les seigneuries de Cussy, Lacanche  Serve et Baraudin et fait ériger en 1776 la seigneurie d’Ivry en marquisat, devenant ainsi le 1er Marquis de Richard d’Ivry

 

A La Révolution Française, le Marquis d’Ivry et ses 3 fils partent rejoindre l’Armée des Princes. Mais le marquis décèdera en 1792, en cours de route, et n’arrivera donc jamais à destination. Restée seule à Coraboeuf, la Marquise d’Ivry s’efforcera de protéger la propriété mais connaitra les geôles dijonnaises. La mort de Robespierre, qui met fin à la Terreur, lui permettra de rejoindre ses terres.

 

Son fils, Nicolas, deuxième Marquis de Richard d’Ivry, sera pendant la Restauration, Maire de Beaune.

 

Plus près de nous, Paul Xavier, 4ème Marquis de Richard d’Ivry, consacra une grande partie de sa vie à la musique où il tint une place très honorable en tant que compositeur.

Ami et contemporain de Gounod, il compose, entre autre, un opéra « Les Amants de Verone » qui fut joué au théâtre Ventadour à Paris ainsi qu’a Covent Garden à Londres

C’est lui qui fit construire l’aile 19ème sur les fondations de bâtiments plus anciens avec le concours de l’architecte Charles suisse et du Sculpteur Xavier Chanovsky.

 

Son fils ainé Pierre, 5ème marquis de Richard d’Ivry, en 1936, prenant conscience de l’inéluctabilité d’un conflit avec l’Allemagne nazie, décide de fermer provisoirement Coraboreuf où il ne reviendra que pour de brefs séjours entre 1937 et 1942, date de son décès

 

Au cours des 6 années que durera cette deuxième guerre mondiale, Coraboeuf sera successivement occupée par l’Armée Allemande, la Résistance et l’Armée Française.

 

Les pièces de réceptions de Coraboeuf permettront enfin à la jeunesse d’Ivry et des villages voisins de fêter la Libération

 

En 1942, après le décès du Marquis Pierre de Richard d’Ivry, c’est sa fille, Délie, Baronne Pierre de Lauriston Boubers, tout en résidant dans le Pas de Calais, qui maintiendra Coraboeuf hors des intempéries.

 

Son fils, le Baron Gérard de Lauriston, en reprend la gestion en 1969, secondé, pendant plus de 20 ans par son fils Philippe de Lauriston, décédé prématurément en 1998.

 

Ils assumeront tous deux avec passion et efficacité la lourde, mais exaltante, tâche de redonner vie à cette vielle demeure familiale et entreprendront les grands travaux suivants : Toiture de l’orangerie en 1987, toiture du donjon et de l’aile est en 93 et 94, façade de l’aile Est en 2003, Arboretum

 

Ines et Patrice, les enfants de Philippe de Lauriston, ont accompagné leur grand-père dans cette mission. Depuis son décès en 2017, ils s’efforcent de continuer le travail d’entretien, de restauration (toiture de l’aile 19eme en 2016, toiture du pavillon classé en 2014), et d’animation par l’instauration de spectacles et expositions depuis 2011.