LE CHATEAU DE CORABOEUF A TRAVERS LES SIECLES
Les origines du Château de Coraboeuf remontent au XIe siècle. Au fil du temps, les propriétaires - seigneurs, marquis, barons ou notables - ont aménagé ce domaine pour l’adapter au besoin et au goût de l'époque. Grâce à eux, Corabœuf sera ainsi, tour à tour, maison forte, résidence de plaisance, site touristique et lieu de réception.
LES ORIGINES DE CORABOEUF
À l’origine existait une demeure fortifiée. Les Coraboeuf, une famille seigneuriale originaire d’Ivry-en-Montagne, garderont le fief dont ils portent le nom pendant plus de 300 ans, de la fin du XIe siècle au début du XVe siècle. Un des premiers noms à apparaître dans les écrits en tant que châtelain est celui d’Hugues de Corabœuf, chanoine d’Autun, évêque de Chalon, chancelier du Duc de Bourgogne.
1400
Le domaine de Corabœuf passe aux mains des Salins, une puissante famille qui gravite dans l’entourage du Duc de Bourgogne.
1440
La maison forte résiste aux assauts des Écorcheurs, soldats démobilisés qui terrorisent les campagnes à la fin de la guerre de Cent Ans.
1450
Les Salins ajoute aux bâtiments existants le donjon, la grange, la tour de l’Ermitage, la tour-porche, la tour du Chasseur et le colombier.
1478
Louis XI ordonne le démantèlement de la forteresse. L’ordre n’est pas suivi d’effet, Corabœuf garde ses défenses.
1566
Antoine de Salins épouse Catherine de Mypont, dont les armoiries sont apposées sur le chenil, aujourd’hui appelé Tour du Chasseur.
1576
Durant la guerre de religion, la forteresse est incendiée par l’armée huguenote mais, quoique très endommagée, reste debout.
DU XVIe au XVIIIe SIÈCLE
La famille de Salins s’éteint peu après l'incendie et le domaine est alors acquis par la famille d’Esdouard, qui gardera le domaine exactement 100 ans. Après le mariage de sa dernière descendante en 1677, le Château échoit à Charles de Saint-Martin d’Agencourt puis à Marguerite de Saint-Martin, épouse de Sylvestre de Spada qui devient alors seigneur des lieux en 1738.
1763
Antoine de Spada cède Corabœuf à Jean Baptiste de Richard de Curtil, mousquetaire de la garde du Roi originaire de Beaune.
1770
Sans tarder, il réaménage l'aile est et construit le jardin, le pavillon et le vivier. Corabœuf est désormais une résidence de plaisance.
1776
Jean Baptiste de Richard de Curtil fait ériger la seigneurerie en marquisat et prend ainsi le titre de marquis de Richard d’Ivry.
1850
Paul de Richard d’Ivry compose à Corabœuf de nombreuses œuvres musicales dont Les Amants de Vérone, célèbre drame lyrique inspiré de Roméo & Juliette.
1860
Paul de Richard d’Ivry réalise d'importants travaux, dont la construction de l’aile nord, pastiche néo-gothique d’excellente facture.
1903
À la mort de Paul de Richard d’Ivry, le domaine passe à son fils, Pierre, aïeul des propriétaires actuels, les Law de Lauriston-Boubers.
DEPUIS LE XXe SIÈCLE
Le Château de Corabœuf entre dans une nouvelle ère au XXe siècle, marquée par des restaurations profondes et une ouverture progressive à de nouvelles activités. De grands projets redonnent vie au domaine, tandis que des initiatives culturelles et environnementales inscrivent ce lieu chargé d'histoire dans la modernité. Le château devient alors un espace où la mémoire du passé dialogue avec les aspirations du présent, témoignant d’un attachement à la fois à ses racines et à son rôle dans le patrimoine vivant.
1922
Au début du XXe siècle, sa fille, Délie de Richard d’Ivry épouse le Baron Pierre de Law de Lauriston-Boubers, issu d’une famille d’origine écossaise.
1940-1945
Durant la Seconde Guerre Mondiale, Corabœuf est occupé successivement par des soldats français, des officiers allemands et des maquisards.
1957
Le baron Gérard de Lauriston, fils de Pierre de Lauriston, reprend la propriété tout en résidant dans le Lot et lance un ambitieux programme de réfection du domaine.
1978
Son fils, le baron Philippe de Lauriston, s'installe dans la région et sera jusqu'à son décès en 1998 le principal gestionnaire du Château.
1985
Les espaces extérieurs et la salle basse du donjon, où de nombreux documents sur l’histoire du domaine sont mis en scène, sont ouverts à la visite.
1989
Par arrêté du 28 août 1989, Corabœuf est classé Monument Historique (le donjon, le pavillon et les façades et les toitures de l'aile du XVIe et des tours).
1996
Un arboretum est aménagé au nord-est du domaine, inscrivant Corabœuf dans une démarche de sensibilisation à l’environnement.
1999
Par arrêté du 30 avril 1999, l’aile nord du XIXe est à son tour inscrite Monument Historique.
2011
Inès et Patrice de Lauriston, les actuels propriétaires, mettent à l’honneur la culture, en organisant des spectacles et des expositions au Château.
2025
Afin de préserver l’âme du Château de Coraboeuf et de poursuivre les restaurations entreprises depuis plusieurs générations, les actuels propriétaires ont choisi d’ouvrir des gîtes. Ainsi, chaque nuit passée à Coraboeuf est une pierre ajoutée à l’édifice, une promesse que ce patrimoine séculaire continuera de rayonner pour les générations futures.